Chronique de Sokeï : L’originalité de l’école Goshinkaï

Qu’elle est l’originalité du Goshinkaï ?

sokei-alainLorsque l’on connaît un peu « l’école Goshinkaï », c’est une grande question.

Ce système pluridisciplinaire regroupé sous le label « Goshinkaï » a été instauré en France en 1989.

Le Goshinkaï n’est apparemment qu’une école d’arts martiaux parmi tant d’autres ; et il n’est pas question ici d’émettre un jugement de valeur.

Apprendre le Goshinkaï, au départ, semble assez facile ; en effet, dès le début, les techniques sont simples, claires et efficaces. Le milieu d’apprentissage est convivial et rassurant.

Les programmes concernant chaque niveau sont écrits noir sur blanc.

Ensuite, la progression est faite pour que les difficultés arrivent de manière croissante. Les programmes de progression sont liés et il est relativement facile de passer de l’un à l’autre.

Puis, les pratiquants comprennent rapidement que les difficultés font partie de la progression et ils les abordent avec intérêts. Après, tout naturellement, vient l’observation de soi.

Le Goshinkaï est un chemin construit avec des techniques judicieusement posées au bon endroit afin de créer une activité complète pour le développement de l’individu.

En effet, entre les disciplines à finalité physique et les disciplines utopiques et mystiques, il y avait un vide qu’il fallait combler.

Les trois thèmes qui reviennent le plus souvent sont apprendre, s’entraîner et s’approprier les connaissances.

Apprendre c’est collecter des informations, étudier des techniques et acquérir un savoir-faire.

L’entraînement c’est s’exercer à une pratique régulière de techniques physiques et de stratégies.

L’appropriation, c’est s’emparer des techniques et des stratégies afin qu’elles fassent partie de soi.

A travers ces trois mots nous obtenons le goût de la découverte, de la perfection, ainsi qu’un état d’esprit menant à la gestion de soi.

Voici les quelques points essentiels du Goshinkaï :

Renforcement du corps.

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Alain Guingois à l’âge de 46 ans

Apprendre les techniques de défense debout et au sol, apprendre la manipulation d’armes nécessitent d’avoir un corps apte à supporter cela.

Il est important de tenir son corps en bonne forme physique. Par cette orientation, nous développons la volonté et une hygiène de vie.

Cela ne veut pas dire qu’il faut être « bodybuilder » pour pratiquer le Goshinkaï. Il y a souvent confusion sur ce sujet. Le travail musculaire permet d’avoir un corps efficace, mais je dirais que le Goshinkaï nécessite d’être efficient et ainsi arriver au résultat escompté avec le minimum de dépense énergétique. Donc une précision dans sa technique.

L’exercice physique est préconisée pour garder un corps en forme. Elle permet également de vérifier si le rapport entre le poids de corps et l’énergie nécessaire à le mouvoir est équilibré.

Par ailleurs, si l’on a un handicap à surmonter, il est tout de même possible de pratiquer le Goshinkaï en utilisant l’énergie interne et une technique plus pointue.

Entraînement à surmonter les difficultés.

Lors des entraînements, nous rencontrons un certain nombre de difficultés qui nous aident à développer notre volonté.

La difficulté à reproduire un mouvement, à l’effectuer ce même mouvement face à un partenaire, à mémoriser une série de mouvements.

Les obstacles créés par le partenaire ou l’adversaire constitue aussi un bon entraînement.

Le combat est une difficulté qui fait partie de la vie ; le combat verbal et le combat physique.

Le combat physique est une implication de soi à surmonter un obstacle qui peut être dangereux dans certains cas, mais qui est limité lors des entraînements.

L’enseignant vous expliquera le parallèle entre la manière de traiter un obstacle sur le tatami et dans la vie courante. Les difficultés sont permanentes dans notre vie, assumer son positionnement dans une hiérarchie, les relations familiales, faire face aux imprévus, les échecs, les responsabilités, accepter ce que l’on est, le regard des autres et leur jugement, etc…

Apprendre à se connaître et à se défendre contre les agressions psychologiques.

Apprendre à se connaître peut s’effectuer durant l’entraînement par une auto-observation.

Votre état d’esprit apparaît facilement lors des entraînements et des exercices d’oppositions. Prendre conscience de son état d’esprit lors de l’entraînement est une habitude simple à prendre. Dans quel état suis-je lorsque je m’entraîne ? Ici et maintenant. Dans l’ouverture, le refus, l’entêtement, l’acceptation, l’écoute, la violence, la distraction.

Ai-je un sentiment de supériorité lorsque je réussi ou lorsque je constate mon évolution technique ?

Ai-je un sentiment d’infériorité lorsque je ne peux pas surmonter la difficulté ?

Est-ce que j’accepte la possibilité d’échec ?

Ainsi, j’arrive à voir mes mécanismes mentaux et à les modifier si nécessaire.

Lorsque j’ai une position mentale orientée vers la bienveillance, le calme, la vigilance et la précision ; ma performance est-elle meilleure ?

Le sentiment de peur que j’éprouve parfois me dévalorise-t-il vis-à-vis de moi-même ?

Est-ce que je refuse d’admettre ma peur, ma lâcheté, mon égoïsme ?

Autant de question qu’il faut aborder avec calme, honnêteté et courage.

Admettez votre vulnérabilité et soyez vigilant à l’encontre des manipulations mentales.

Etre le meilleur parfois, ce n’est être le meilleur toujours. Etre le meilleur dans un domaine, ce n’est être le meilleur dans tous les domaines.

Entraînement à la philosophie.

C’est une manière de comprendre, de voir, d’expliquer le Goshinkaï qui oriente le comportement.

Comme l’on entraîne son corps, il faut aussi entraîner son cerveau.

La philosophie est un questionnement sur des thèmes divers comme les problèmes du pratiquant d’arts martiaux dans sa pratique, dans la vie courante, dans la compréhension de la discipline ou tout autre sentiment.

C’est un échange avec les autres, une question est posée, un débat a lieu, si chacun a des idées, il faut qu’il les explique, des solutions ou des réponses sont proposées.

Avec le temps, nous nous apercevons parfois que les réponses proposées ont une durée de vie.

C’est-à-dire qu’une réponse proposée à une époque n’est plus valable à une autre.

Quelquefois et dans certains cas, certains considèrent cela comme une sorte de combat verbal.

Entraînement à la psychanalyse

03C’est simplement découvrir ce que l’on sait déjà mais dont nous n’avons pas conscience

La psychanalyse est le thème le plus humain de la formation. Le Goshinkaï n’a pas pour vocation de former des Psychanalystes ; c’est juste un outil nécessaire à certaines prises de conscience.

Il est admis qu’une personne ayant suivi ou subi une psychanalyse durant plusieurs années devienne, elle aussi, un psychanalyste

Je pourrais pu dire « auto-observation », mais dans psychanalyse, il y a le mot « analyse ».

Nous commencerons par une auto-observation sans jugement, juste en qualité d’observateur. Ce qui n’est pas si simple lorsqu’il s’agit de soi. Nous sommes le témoin de nos sentiments internes.

On expose à soi-même les différents éléments de ses découvertes. On essaie de voir quels sont les éléments qui perdurent et quels sont ceux qui sont passagers.

L’idéal serait peut-être de se voir avec l’œil de la dérision et de la bienveillance.

On peut ensuite voir ce qui est modifiable et ce qui ne l’est pas. Il y a des points faciles à changer si nécessaire et d’autres très difficile à modifier. Le but n’étant pas de vous transformer radicalement, mais d’utiliser ce que vous avez pour optimiser votre compréhension de vous-même et ainsi mieux vivre.

A force d’observation, on finit par essayer de comprendre, donc, d’analyser.

Transmission.

04La transmission de techniques qui semblent n’avoir aucun lien, mais qui, en réalité sont intimement liées. Une transmission par une pédagogie adaptée aux apprenants, mais sans dénaturer le contenu.

S’il est parfois nécessaire d’emprunter des détours, ce ne sera que momentané et dans l’objectif de faire passer le message initial.

L’originalité du Goshinkai réside dans une formation réunissant des secteurs aussi différents que la défense physique, la philosophie, la construction physique du corps, la psychanalyse, la pédagogie et l’anatomie.

L’enseignement de tout cela réuni n’est pas simple, mais il me paraît logique.

L’enseignement doit-il être le reflet de la société ou doit-il donner aux apprenants des éléments susceptibles de faire changer la société ?

C’est la question que se pose évidemment tout instructeur digne de ce nom.

Quoiqu’il en soit, c’est l’enseignant qui guide les élèves dans la discipline et non le contraire.

Observation – Adaptation – Action

Si je voulais résumez le Goshinkaï en trois mots, ce seraient ceux-là.

Observation d’une situation, d’un problème, d’un danger et des éléments qui le composent.

Adaptation afin d’être en situation d’avoir la solution la plus efficace possible.

On s’adapte à l’environnement, au milieu, à l’infériorité numérique, à l’infériorité physique, à l’inconnu et à la peur de la situation.

S’adapter, c’est mettre le plus de chances possibles de son côté.

Action nécessaire à la sortie d’une situation dangereuse. Agir en fonction des possibilités et de ses capacités. L’action doit être faite en accord avec soi-même, elle ne supporte pas l’hésitation.

L’action pouvant aller jusqu’à la non action volontaire momentanée.

En conclusion, lors de votre évolution dans votre vie et sur la progression Goshinkaï, vous passez par des stades différents dont vous n’avez parfois pas conscience.

Vous commettez et vous commettrez les erreurs nécessaires à cette évolution.

Voilà donc un résumez sur l’originalité de ce que nous appelons en toute simplicité « l’école Goshinkaï ».

L’école Goshinkaï comprend des disciplines très variées comme : le Goshinkaï-Ju-Jutsu, le Goshin-Body-Fight, le Shintaïso, le Goshin-Ken-Jutsu, le Goshin-Bo-Jutsu, les Shiatsu, voilà j’espère n’avoir oublié aucune activité.

Je souhaite que vous puissiez vous réaliser à travers ces différents secteurs et ainsi, être plus résistant aux agressions de l’extérieur.

Si certains lecteurs veulent apporter des éléments contradictoires, des informations complémentaires, un témoignage ou tout simplement me donner leur avis sur l’article, ils peuvent le faire en m’écrivant à cette adresse mail : soke.alain@gmail.com .

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