Le Budo n’est pas une démocratie ; c’est la voie de la retenue et de la solidarité.

« Bu » souvent traduit par « guerrier » le kanji japonais vient d’une calligraphie chinoise composé de 2 signes associés qui veulent dire « arrêter sa lance » ou « arrêter les lances », donc arrêter de se battre ; stopper la violence.

Il y a donc une notion de paix, de courage et de générosité.

« Do » la voie, le chemin, le parcours, l’orientation, la direction, donc une notion philosophique.

Alain Guingois, Sokei Goshinkai Ju-Jutsu

Le dojo est un lieu hiérarchisé où les élèves viennent demander un enseignement.

La hiérarchie est bien souvent établie de la manière suivante. Il y a le Soké ou le Hanshi ou le Shihan (modèle), puis les « sensei » dans chaque lieu d’entrainement, puis les anciens dans l’apprentissage (pas obligatoirement en grade) « sempaï », puis les élèves « kohai ».

Il ne s’agit pas là d’une lutte de pouvoir, mais d’une organisation nécessaire à l’apprentissage.

Tous sont là pour s’entraider, mais la critique ne peut venir que du « haut » vers le « bas ». Selon la tradition le pratiquant ne peut jamais critiquer ou dire non à un enseignant. Cette partie est souvent mal comprise par les occidentaux qui pensent à une sorte de soumission imposée, alors que les élèves japonais pensent que plus ils travaillent sur leur égo et plus ils progressent.

Un élève ne peut pas corriger un ancien « sempaï » parce que corriger c’est enseigner et on ne peut pas apprendre et enseigner dans le même temps. (A ne pas confondre avec les relations « amicales » qu’il peut y avoir lors d’événements en dehors du dojo ou lors de fêtes)

L’élève « kohaï » doit toujours être demandeur auprès d’un « sempaï » ou d’un « sensei ».

Les deux seules réponses normales d’un pratiquant à un supérieur en grade ou en ancienneté est « haï »(oui) ou « oss » (oui, je comprends et j’accepte).

Le respect va dans les deux sens. Le sensei remerciera toujours l’élève avec lequel il a travaillé, et donc l’élève sera content et remerciera le sensei pour son enseignement.

Tout cela n’est pas futile, c’est nécessaire à l’apprentissage. L’apprenant travaille sur son égo, comme l’a fait le « senseï » avant lui. Le « senseï » n’oublie pas son rôle de conseiller et d’exemple.

Les instructeurs sont les intermédiaires afin de transmettre les programmes techniques, l’éthique, la philosophie, les usages, les règles du respect nécessaire, les explications sur la tradition. . .

Les instructeurs et les « sempaï » doivent vraiment comprendre l’importance de leurs rôles.

Le « sensei » le plus gradé s’appuie sur les instructeurs et les « sempai » pour que l’enseignement soit transmis correctement et complètement.

 

Sur terre, il existe beaucoup de techniques pour se battre et elles ont sans doute leurs raisons d’être.

Toutes les techniques de combat peuvent servir pour se défendre, de même qu’une fourchette, une chaise, une bouteille ou n’importe quel objet autour de vous.

Ne confondez pas tout, le Budo c’est, suivre une voie, se construire et se trouver.

C’est un programme qui à été habilement construit ; se consolider physiquement et psychologiquement.

Et cela entre dans un processus d’apprentissage organisé. Si cette organisation ne vous plait pas faite autre chose tout simplement, mais ne prétendez pas pratiquer un « Budo » si vous n’êtes pas capable d’en suivre les règles.

Même si l’on a besoin de d’étoffer ses connaissances en allant voir d’autres experts de son choix, on a toujours qu’un seul senseï « principal » si j’ose dire ; celui qui vous suivra sur plusieurs années afin de vous aider à progresser sur la voie sur laquelle vous vous êtes engagée.

Si vous voulez apprendre le « Budo », sachez que c’est un tout, on ne peut pas prétendre apprendre un Budo et ne prendre qu’une partie ; c’est une grossière erreur.

Le combattant de combat libre accepte de prendre des coups le pratiquant d’un Budo accepte volontairement de suivre les directives du sensei. Les deux travaillent leur égo.

 

La position de sensei dans le monde occidental est difficile car il faut expliquer aux élèves qu’il y a plusieurs formes de pensées et plusieurs éducations, qu’une culture peut être différente mais efficace, que le monde ne s’arrête pas aux frontières de leur pays.

Il faut bien souvent adapter la pédagogie afin que l’enseignement soit compris.

J’avais vu, il y a quelque temps, un article de Robert Paturel. Un homme talentueux que je respect beaucoup. Son article posait la question de la relation prof élève et il expliquait que dans son cas les élèves le respectaient tout en l’appelant « Pat » ou « Patou », à noter que c’est la première syllabe de son nom et non pas de son prénom.

Chaque situation à un contexte différent, et dans ce contexte là, ça marche bien donc je n’ai aucune raison d’en faire la critique. Mais je vois mal mes élèves japonais me donner un surnom, c’est impensable pour eux, ça ne fait pas partie de leur culture et de leur éducation. Ils m’appellent donc « Guingois sensei » lorsqu’ils parlent de moi ou « sensei » lorsqu’ils me parlent directement.

Le contexte et la culture sont différents et ça marche bien comme ça aussi. De plus, cela m’oblige à être dans ce rôle de professeur. Cela me rappelle en permanence quel est ma fonction.

La société japonaise est organisée afin que chacun trouve sa place en dehors de toute agressivité.

Tout le monde est fier de ce qu’il fait, si quelqu’un nettoie les toilettes, il le fera avec application, et il sera fier et content d’entendre les gens dirent que les toilettes sont propres. Parce que c’est important d’avoir des toilettes propres. Tout le monde veut avoir des toilettes propres, donc celui ou celle qui les nettoie a un rôle très important. Certaine société japonaise établisse un planning de nettoyage des toilettes, donc tous les employés le font à tour de rôle y compris le directeur. Cela permet également de garder une certaine modestie et une solidarité.

Je trouve que les dirigeants occidentaux ont hiérarchisés les travaux et les métiers de manière à diviser les gens de manière stupide.

Dans le chapitre de la stupidité :

Je vois beaucoup d’occidentaux devenir plus japonais que les japonais et des japonais devenir plus américain que les américains.

Certains occidentaux vont en Asie mettre le front au sol devant n’importe quel asiatique qui arbore une ceinture noire ; croyant sans doute que le savoir universel est en Asie.

Les élèves et enseignants qui ont la critique facile sur le formateur qui leur a donné un grade devraient immédiatement retirer leur « ceinture noire » qu’ils portent si fièrement.

J’ai parfois l’impression de vivre sur une planète de gens immatures et incultes.

90 % des japonais s’intéresse beaucoup plus au base-ball qu’aux « arts martiaux » (mauvaise traduction de « Budo »). De même qu’avoir une phrase en français sur la devanture d’un magasin, d’un immeuble ou d’un tee-shirt, c’est la « grande classe » pour les japonais.

Les démocraties sont devenues l’inverse de leurs définitions et certains royaumes sont devenus très libéraux…

Revenons à notre sujet.

Chaque « Budo » est différent, mais tous sont empreint d’une philosophie. (zen, taoiste, shintoiste)

Même si les Budo oblige le pratiquant à utiliser son physique, l’objectif n’est pas de faire grossir les muscles mais de les rendre opérationnels. On y apprend la résistance, l’endurance, le contrôle, le respect.

Au Goshinakï-Ju-Jutsu il y a sept principes que les élèves apprennent par cœur et que les instructeurs oublient. Les cinq premiers de ces principes étant :

  1. Loyauté – 2. Respect de la nature – 3.  Equilibre. Progresser autant mentalement que physiquement – 4  Volonté – 5.  Humilité Visez la perfection sans vanité.

 

Dans la pratique des « Budo » on emploi souvent des termes japonais ou chinois, comme on emploi souvent le français pour la cuisine ou l’anglais pour l’informatique. Il faut rester détendu avec ça.

La tenue d’entrainement ne s’appelle pas un « kimono ». Un kimono n’est pas pratique pour s’entrainer, c’est une sorte de longue veste fragile qui arrive aux chevilles avec des grandes manches qui peuvent servirent de poches. Le vêtement d’entraînement s’appelle « keikogi » pour employer un terme général, ou un « dogi » pour ceux qui suivent une voie sans définir laquelle, ou un « karategi », etc…

Je pense que tous les apprentissages passent par une acceptation de moments difficiles pour l’apprenant (mais pas que ces moments-là) et un dévouement de l‘enseignant.

Ce vaste sujet n’est pas clos ; il y a encore beaucoup de choses à clarifier.

 

Budo is not a democracy; it is the way of restraint and solidarity.

 

« Bu » often translated as « warrior » The Japanese kanji comes from a Chinese calligraphy consisting of 2 associated signs that means « stop his spear » or « stop the spears », so stop fighting; stop the violence.

There is therefore a notion of peace, courage and generosity.

« Do » the way, the path, the course, the orientation, the direction, so a philosophical notion.

The dojo is a hierarchical place where students come to ask for a lesson.

The hierarchy is often established in the following way. There is the Soké or the Hanshi or the Shihan (model), then the « sensei » in each place of training, then the old ones in the apprenticeship (not obligatorily in rank) « sempaï », then the students « kohai » .

This is not a power struggle, but an organization necessary for learning.

All are there to help each other, but criticism can only come from the « top » to the « down ». According to tradition, the practitioner can never criticize or say no to a teacher. This part is often misunderstood by Westerners who think of some sort of imposed submission, whereas Japanese students think that the more they work on their ego and the more they progress.

A student cannot correct an old « sempai » because correcting is teaching and you can not learn and teach at the same time. (Not to be confused with « friendly » relationships that may occur at events outside the dojo or at parties)

The « kohai » student must always be a plaintiff to a « sempaï » or a « sensei ».

The only two normal responses of a practitioner to a superior in rank or seniority are « haï » (yes) or « oss » (yes, I understand and accept).

Respect goes both ways. The Sensei will always thank the student with whom he has worked, so the student will be happy and thank the Sensei for his teaching.

All this is not futile, it’s necessary for learning. The learner works on his ego, as the « sensei » did before him. Sensei does not forget his role as counselor and example.

The instructors are the intermediaries in order to transmit the technical programs, the ethics, the philosophy, the uses, the rules of the necessary respect, the explanations on the tradition. . .

Instructors and « sempai » must really understand the importance of their roles.

The most senior « sensei » relies on instructors and « sempai » for teaching to be correctly and completely transmitted.

On Earth, there are many techniques for fight and they probably have their reasons for being.

All fighting techniques can be used to defend yourself, as well as a fork, chair, bottle or anything around you.

Do not confuse everything, the Budo is, follow a path, build yourself and find yourself.

It is a program that has been skillfully built; to consolidate physically and psychologically.

And that enters into an organized learning process. If this organization does not please you do something else simply, but do not pretend to practice a « Budo » if you are not able to follow the rules.

Even if one needs to expand one’s knowledge by going to other experts of one’s choice, there is always only one ‘main’ senseï if I dare to say; the one who will follow you over several years to help you progress on the path you have committed.

If you want to learn « Budo », know that it’s a whole, you cannot claim to learn a Budo and take only part; it’s a big mistake.

The Free Fighter agrees to take blows. The Budo practitioner voluntarily agrees to follow the directions of the sensei. Both work their ego.

Sensei’s position in the Western world is difficult because it’s necessary to explain to students that there are many forms of thought and many educations, that a culture can be different but effective, that the world doesn’t stop at the borders of their country.

It is often necessary to adapt pedagogy so that teaching is understood.

I had seen some time ago an article by Robert Paturel. A talented man that I respect a lot. His article posed the question of the pupil-teacher relationship and he explained that in his case the students respected him while calling him « Pat » or « Patou », to note that it’s the first syllable of his name and not of his first name.

Each situation has a different context, and in this context, it works well so I have no reason to criticize it. But I don’t see my Japanese students give me a nickname, it’s unthinkable for them, it’s not part of their culture and education. So, they call me « Guingois sensei » when they talk about me or « sensei » when they speak to me directly.

The context and the culture are different, and it works well like that too. Moreover, it forces me to be in this role of teacher. It reminds me constantly what my job is.

Japanese society is organized so that everyone finds their place outside any aggressiveness.

Everyone is proud of what they are doing, if someone cleans the toilet, he will do it thoroughly, and he will be proud and happy to hear people say that the toilet is clean. Because it’s important to have clean toilets. Everyone wants clean toilets, so whoever cleans them has a very important role. Some Japanese companies set up a toilet cleaning schedule, so all the employees do it in turn, including the manager. It also helps to keep some modesty and solidarity.

I find that Western leaders have tiered jobs and trades in ways that divide people stupidly.

In the chapter of stupidity:

I see many Westerners becoming more Japanese than Japanese and Japanese becoming more American than Americans.

Some Westerners go to Asia to put the front on the ground in front of any Asian who wears a black belt; no doubt believing that universal knowledge is in Asia.

Students and teachers who have easy criticism of the trainer who gave them a grade should immediately remove their « black belt » that they wear so proudly.

I sometimes feel like living on a planet of immature and uneducated people.

80% of Japanese are much more interested in baseball and football than « martial arts » (bad translation of « Budo »). As well as having a sentence in French on the front of a store, a building or a T-shirt, it is the « high class » for the Japanese.

Democracies have become the opposite of their definitions and some kingdoms have become very liberal …

Let’s go back to our subject.

Each « Budo » is different, but all are imbued with a philosophy. (zen, taoiste, shintoiste)

Even if the Budo forces the practitioner to use his physique, the goal is not to make the muscles grow but to make them operational. One learns resistance, endurance, control, respect.

In Goshinaki-Ju-Jutsu there are seven principles that students learn by heart and that teachers forget. The first five of these principles being:

  1. Loyalty – 2. Respect for nature – 3.  Equilibrium. Progress both mentally and physically – 4  Willpower – 5  Humility Aim for perfection without vanity.

In the practice of « Budo » we often use Japanese or Chinese terms, as we often use French for cooking or English for computers. You have to stay relaxed with that.

The training outfit is not called a « kimono ». A kimono is not practical to train, it is a kind of long, fragile jacket that reaches the ankles with large sleeves that can serve as pockets. The training suit is called « keikogi » to use a general term, or a « dogi » for those who follow a path without defining which one, or a « karategi », etc.

I think that all learning goes through an acceptance of difficult moments for the learner (but not only those moments) and dedication of the teacher.

This vast subject is not closed; there are still many things to clarify.

Leave a Reply